Pourquoi certains et pas d'autres ? - #3 : l'importance du contexte


3e et dernière partie de l'article : Pourquoi certains deviennent-ils addicts au porno et/ou à la masturbation et pas d'autres ?


1ère partie - 2e partie

Bien que déterminantes, les prédispositions ne font pourtant pas tout. L’environnement au sens large (c’est-à-dire le contexte) tient aussi une place dans la survenue puis le maintien de l’addiction.


L'ESSENTIEL

"C'est vraiment trop injuste", dirait le célèbre petit poussin noir... En effet, la nature nous a faits inégaux face à l’addiction. Et c’est une réalité biologique dont on ne peut pas ne pas tenir compte.

Mais comment l’expliquer ? Pourquoi certains consommateurs de porno parviennent-ils à garder le contrôle de leur consommation ? Au contraire, pourquoi d’autres finissent-ils par basculer dans un comportement dépendant ?

Même s’il n’y a jamais de fatalité en matière d’addiction, on peut néanmoins parler de certaines « prédispositions ».

Tour d’horizon de ces "facteurs de vulnérabilité"



1 - Des difficultés d’ordre psychologique


En théorie, n’importe quelle souffrance psychologique chronique ou passagère peut provoquer le basculement puis le maintien dans l’addiction : anxiété, mauvaise estime de soi, hyperactivité, colère et frustration, pensées erronées, ennui, etc. Certains événements de la vie faciliteront le passage à l’acte : une difficulté conjugale, un excès de pression professionnelle, un éloignement géographique dû au travail… L’accès facile à Internet, les nombreuses stimulations visuelles de la publicité, ou les besoins physiologiques feront le reste.


Fragilisée par ses difficultés à gérer les émotions désagréables, la personne aura recours à la pornographie comme… à un doudou, un pansement.



2 - Certaines pathologies surexposent au risque d’addiction


En langage médical, on parle de "comorbidité". C’est le cas de la schizophrénie, par exemple. Ce trouble de la personnalité (qui touche 1 % de la population) se caractériserait par un dérèglement de la sécrétion de dopamine – le neurotransmetteur du plaisir - dans le cerveau. Or, l’addiction s’inscrit elle-même dans un dérèglement du système neuronal de la récompense. C’est sans doute pourquoi un pourcentage significatif de personnes schizophrènes sont concernées par la dépendance à la pornographie. Les autres troubles de la personnalité, mais encore l’anxiété chronique ou la dépression augmentent le risque de tomber dans l’addiction.


Ajoutons que certains problèmes de santé ou médicaments, en modifiant l’équilibre hormonal, accroissent momentanément les désirs sexuels et les rendent moins contrôlables.

Il arrive enfin que la comorbidité prenne la forme d’une "codépendance" : la porno-dépendance est assez souvent associée à des consommations pathologiques d’alcool ou de drogues. C’est alors une véritable « double peine » qui s’exerce…




3 - Le style de vie est aussi un facteur de risque


Par style de vie, on entend l’hygiène de vie mais pas seulement : les fréquentations, le métier exercé et les obligations et pratiques qui en découlent, peuvent être déterminants… Certains modes de vie appellent inévitablement des comportements à risque susceptibles de provoquer le basculement dans une addiction.


C’est pour cette raison qu’une démarche thérapeutique visant à changer son comportement ne peut pas faire l’économie d’un travail sur l’hygiène de vie : sommeil, hygiène corporelle, alimentation, exercice physique, activités de détente et de ressourcement… Dans cette dynamique de changement, le patient trouve de multiples occasions de poser des petits actes concrets orientés vers ses valeurs et peut ainsi reprendre peu à peu la maîtrise de sa vie.



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Neufs
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Tanguy Lafforgue

Coach et thérapeute

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