Comprendre l'addiction au porno - #1 : le piège du rayon X


1ère partie de l'article

Voir : la 2e partie - la 3e partie


Un nombre croissant d’études, articles, émissions et témoignages nous alertent sur les risques de la porno-addiction. Facilitée par les smartphones et le haut-débit Internet, la dépendance à la pornographie concernerait en particulier de plus en plus d’adolescents. Origines, processus, conséquences… Voici un aperçu sur cette question.


Attention au rayon X !

« Je suis accro » : dans nos conversations du quotidien, on a volontiers recours à cette expression familière. Qu’elle se rapporte à une star, une série télé ou un smartphone, elle sert à exprimer sa sympathie, sa passion. Mais on a tendance à oublier le sens originel de ce mot. Un accro, c’est d’abord une personne littéralement accrochée à une drogue. Donc dépendante…


Le concept d’addiction (ou dépendance, les deux termes ayant pratiquement la même acception) a été théorisé en 1990 par un psychiatre américain, Aviel Goodman. L’addiction est le « processus » par lequel un comportement est répété pour produire un plaisir et soulager un malaise intérieur. Mais ce qui la caractérise surtout – et va entraîner des souffrances - ce sont les deux données suivantes : l’échec répété pour exercer un contrôle sur le comportement et sa persistance malgré les conséquences négatives qu’il entraîne.


En général, la dépendance vient dérégler progressivement toutes les dimensions de la vie : psychologie (émotionnel, cognitif), santé physique, estime de soi, sexualité, relations, finances, travail…



La porno-dépendance, une addiction comportementale


On distingue deux grands types de dépendances : avec produits (alcool, tabac, cannabis…) et sans substances. La porno-dépendance fait partie des secondes, aussi appelées « comportementales » car c’est la conduite à l’origine du plaisir qui finit par devenir problématique en elle-même.


Parmi ces conduites addictives, les plus connues et répandues sont les troubles du comportement alimentaire, le jeu pathologique (argent, vidéo), les achats compulsifs, le sexe, le sport, ou encore la dépendance affective.


Signalons que, dans ce tableau, seul le jeu compulsif est officiellement reconnu comme une dépendance comportementale par la respectée Association américaine de psychiatrie. Celle-ci publie régulièrement un manuel de référence, le « DSM », dont la sortie est toujours très attendue (la version n° V a été publiée en 2013).



Une classification officielle qui fait débat


Hormis le jeu dont le caractère potentiellement addictif est désormais consensuel, l’inscription des autres pathologies sur la liste des addictions comportementales reconnues continue de faire débat chez les psychiatres américains. Et donc aussi dans le reste de la communauté scientifique et médicale. Le sexe compulsif, en particulier, suscite des opinions relativement divergentes. Chacun est libre d’interpréter les raisons de ces désaccords...


En théorie, n’importe quel comportement du quotidien (consommation d’écrans, de chocolat, de voyages, de conseils en développement personnel…) est susceptible de devenir addictif dès lors que la simple envie se transforme en besoin incontrôlable.


Notre société intrinsèquement addictogène nous maintient en état d’excitation permanent : incitations à la consommation, diffusions d’informations en continu, invitations au confort, au plaisir et à la réalisation de soi… Difficile de ne pas tomber dans une dépendance pour combler la sensation de vide que tous ces stimuli ne manquent pas d’entraîner…





L’addiction au porno, un aspect de l’hyper-sexualité


La porno-addiction est l’un des nombreux visages du sexe compulsif, aussi appelé "hyper-sexualité". La liste exhaustive des comportements sexuels addictifs est longue, mais citons en quelques manifestations.


On dénombre d’abord les pratiques sexuelles avec partenaire : rapports sexuels tarifés, sadomasochisme, fréquentation de clubs de strip-tease ou de salons de massage, etc. Parmi les pratiques sans partenaire, les plus connues sont la masturbation compulsive, le voyeurisme ou l’exhibitionnisme. Les supports d’excitation utilisés se distinguent aussi par leur variété : webcam, chat, téléphone rose, pornographie... Vécues de manière compulsive, ces pratiques n’ont rien d’épanouissant mais entraînent plutôt des souffrances importantes.


Même si l’hyper-sexualité appelle de façon évidente une réflexion sur le plan moral, elle est cependant à distinguer sans ambiguïté de la perversion sexuelle. Orienté de façon consciente vers le mal, le pervers tire sa jouissance de la souffrance infligée à l’autre.



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Tanguy Lafforgue

Coach et thérapeute

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